dimanche 1 février 2026

Ecrire la vie : la genèse

Une quinzaine d'années d'activité, cela invite à repenser aux débuts... 

Comment ai-je pris cette décision d'écrire ?  

Cela m'avait pris un dimanche.

Beaucoup de femmes et d'hommes que je rencontrais dans mon activité de journaliste méritaient, il me semble, un peu plus. Je me suis interrogée sur la frustration que je ressentais lorsque je devais mettre un point final à mes articles. Peut-être, n'étais-je pas à ma place ?

J'estimais que j'avais de meilleurs retours quand je m'exerçais au portrait. Je m'amusais à écrire l'humain. 

En un instant : j'ai eu l'idée et surtout l'envie d'écrire les souvenirs. Et la seconde d'après, je savais que j'allais le faire. Bon nombre de fois, j'avais eu des projets que j'avais ajournés. Je ne m'étais pas engagée. Je ne savais pas. J'hésitais. 

Mais cette force que j'ai ressentie ce fameux dimanche d'avril, je l'ai retrouvée le lendemain, le surlendemain, et les jours qui ont suivi.

Je travaillais dans une rédaction de journaliste. Et durant mon temps libre, je commençais à imaginer mon projet. C'était un doux moment. Celui où je pensais que tout était possible. Je rêvais. 

J'ai commencé à prendre des informations, à enquêter sur le sujet. J'ai visité les sites Internet des biographes existants, certains exerçaient depuis une dizaine d'années. C'était donc possible. J'ai repéré de grandes disparités en termes de prix et de propositions de prestations.

J'ai posé un regard critique sur la façon de rabaisser le métier de certains auteurs. Je ne me voyais pas me rallier à des groupes existants qui entretiennent, à mon sens, une dévalorisation de l'écriture des récits de vie. 

J'ai commis mes premières erreurs. J'ai réalisé mes premiers "exploits".  

J'ai compris que je devais créer mon chemin. Je voulais que l'ouvrage soit de qualité. Et s'il l'était, il devait donc être reconnu en tant que travail. Je ne savais pas que j'allais m'améliorer. J'observe une disparité entre les premiers ouvrages et les suivants ; mais j'ai augmenté mes tarifs depuis mes débuts.         

Il restait à savoir ce qu'était écrire pour l'autre.

Vous pouvez l'imaginer, c'est un vaste sujet. 

Celui qui veut commander un ouvrage formule cette idée : « je vais demander à un auteur d'écrire ma vie. »

Mais, quel auteur ?

Le contenu, c'est la vie. Cette matière va cependant être explorée. Comment sera-t-elle découverte par celui qui écoute ?

La matière est déjà transformée par l'auditeur qui la reçoit comme il l'entend, avec sa sensibilité.

Quelle est cette sensibilité ? A-t-elle été déjà évaluée ? Est-ce cette sensibilité propre aux artistes, aux écrivains ? 

Mais suis-je un écrivain ?  

Par définition, l'écrivain est celui qui écrit. Selon le dictionnaire Larousse ou Le Robert ou L'Académie française, l'écrivain est une personne qui compose des ouvrages littéraires. 

En parallèle à ces questions qui hantent l'esprit, il a fallu se confronter à la réalité : choisir un statut, se déclarer, tenir ses comptes, sélectionner un logiciel de mise en pages, avoir une imprimante avec scanner, un ordinateur, un moyen de locomotion, trouver un imprimeur... Aujourd'hui, les frais se sont alourdis avec des logiciels divers de retouches de photographies, de capture d'images, de mise en pages, de frais de corrections, de livraison... L'envie de proposer un service de qualité engendre des investissements. 

Et puis, avec une grande candeur, j'ai sollicité des acteurs de la vie culturelle. Mais le fait d'avoir créé en auto-entreprise me fermait les portes de plusieurs établissements publics, jusqu'à l'autorisation de déposer des cartes de visite. Pourtant, il n'y avait aucune concurrence. J'ai écrit à des associations, des mairies, des organisateurs de salons. Ce fut très lent et fastidieux. Un parcours du combattant. J'ai ressenti ce que beaucoup de créateurs expérimentent : la solitude. 

Je ne compte plus ceux qui ont tenté de me décourager. Mais je me souviens de ceux qui y ont cru avec moi. 

Ensuite, j'ai travaillé mon art. J'ai mis en place une discipline d'écriture. Tous les jours, j'ai écrit. Chaque matin, j'étais chez moi comme au bureau. Je m'exerçais à l'écriture pendant des heures, je créais mon premier site Internet, mon premier blog, des documentations sur mon activité. Je distribuais des courriels et je lançais des appels à la terre entière !  

Les premiers projets sont arrivés lentement.

J'ai écrit de plus en plus. 

Aujourd'hui, cela fait six ans que j'enchaîne les livres, sans interruption, tout en ayant repris des études de généalogiste professionnelle depuis trois ans. 

Je ne sais pas si cela durera. Mais la production est là.

Et je continue...  


https://camille-biographe.fr/

 


      

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Biographe du Nord : mythe ou réalité ?

Je rencontre principalement mes interlocuteurs dans les Hauts-de-France et en Normandie.  Est-ce à dire que je suis biographe du Nord et du ...